Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /Nov /2009 14:32
Samedi, officiellement, les Etats-Unis disposeront d'un nouveau navire de guerre, l'USS New York. 
A priori, rien d'extraordinaire.

Mais, si l'on se penche de plus près, son acier a quelque chose d'exceptionnel. Il a été récupéré du World Trade Center détruit le 11 septembre 2001.

Cela nous dit beaucoup sur la lecture de cet attentat traumatisant pour l'Amérique. Il a été le point de départ de l'entrée d'une "guerre sans fin" selon Bruno Tertrais. Quelques jours plus tard, l'Amérique entrait en guerre en Afghanistan et quelques mois plus tard envahissait l'Irak.

Ce navire, c'est le symbole de la transformation des Tours Jumelles en Tour de guerre.  

Le World Trade Center avait été achevé en 1973, dans une Amérique qui doutait, entre Vietnam et Watergate. Dans une Amérique qui en faisant la guerre loin de ses bases s'était affaiblie. 

Sa transformation en navire de guerre dans une période également troublée nous dit qu'une fois encore, l'histoire semble begayer.  
Par Sneg
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Vendredi 30 octobre 2009 5 30 /10 /Oct /2009 11:37
Les jours se suivent et ne se ressemblent pas pour la Nasa. Le chaud et le froid s’alternent avec un malin plaisir sur le tarmac de Cap Canaveral. En juillet, le quarantième anniversaire du premier pas, américain, sur la lune était célébré avec le faste que l’on doit à un exploit immense. Mais entre deux bulles de champagne, les ingénieurs de la Nasa avaient des motifs d’inquiétude.

L’ère des navettes s’achève. Les navettes, ce sont les images de l’Amérique triomphante de mon enfance. Des noms magiques, Entreprise (qui n’a jamais volé dans l’espace), Columbia, Challenger, Discovery, Atlantis et Endeavour (et Moonraker…chez James Bond), qualifiaient d’étranges objets idéntifiés à mi-chemin entre l’avion et la soucoupe volante. Des shuttle réutilisables pour voler en orbite basse, avant la lune, en somme, mise en orbite par une fusée et atterrissant en douceur, comme un planeur, sur notre belle planète. Ces navettes ont desservi et permis à la mise en place de stations spatiales.
Les drames n’ont pas manqué. Qui ne se souvient pas des images de Challenger, désintégrée à peine plus d’une minute après son envol en janvier 1986 ? Et du destin brisé de Christa McAuliffe, jeune institutrice choisie parmi des milliers de volontaires pour être la première « citoyenne de l’espace »… En févier 2003, c’est Columbia qui s’est à son tour désintégrée lors de son retour sur Terre tuant sept astronautes dont la première femme d’origine indienne dans l’espace, Kalpana Chawla.

Le succès du lancement d’Arès I cette semaine fait entrer la conquête spatiales américaine dans une nouvelle phase Théoriquement, il doit permettre le lancement de la capsule réutilisable Orion, qui remplace les navettes. C’est un retour à l’esprit du premier programme lunaire Apollo (une capsule). Le programme Constellation voulu par l’Administration Bush vise, en effet, à ramener des hommes sur la lune (en 2020) mais aussi plus tard sur Mars (en 2050), et à développer des capsules capables de rester bien plus longtemps en orbite tout en« normalisant » son programme spatial –les Russes, les Européens, les Chinois utilisent des capsules.
Dans un monde parfait, le dernier vol d’une navette spatiale est programmé pour 2010. Quelques mois plus tard, Orion prend le relais et peut remettre des Américains en orbite… Oui, mais voilà, dans une Amérique en crise économique, le programme spatial a pris du retard. Orion ne sera opérationnel qu’en 2015 et plus sûrement en 2017. Or, cette année-là sera la dernière de l’ISS (la station spatiale internationale partagée avec les Russes et les Européens). Pendant au moins 5 ans, les astronautes américains seront dépendants des capsules russes (les fameuses capsules Soyouz) et européennes. Et, ils regarderont les taïkonautes chinois rattraper leur gap technologique en multipliant les vols habités.

La Nasa est d’autant plus inquiète que le président Obama doit rendre des arbitrages budgétaires qui pourraient mettre en cause le programme Constellation lui-même. Le rapport du Comité Augustine mis sur pied par la Maison-Blanche a rendu à Obama son rapport en août 2009. Il pointe le problème majeur : « There has not been this long a gap in U.S. human launch capability since the U.S. human space program began ». Selon ce rapport, le budget de la NASA devrait être rallongé de 3 milliards pour mener à bien le projet Constellation, ce qui, en période de vache maigre n’est pas dans l’air –c’est le cas de le dire- du temps… Le Comité Augustine préconise de repousser la durée de vie des navettes jusque 2011, voire 2015, le temps de permettre à des sociétés privées de développer des lanceurs légers permettant d’amener des Américains en orbite basse. Enfin, si le projet d’exploration de Mars à l’horizon 2050 reste d’actualité, le passage via la Lune n’est pas nécessaire, des astéroïdes et les points de Lagrange (les curieux scientifiques trouveront une explication ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Point_de_Lagrange) pourraient servir de bases.

La Nasa n’a pas pu se réjouir longtemps du quarantième anniversaire des premiers pas sur la lune, ni de la réussite du premier lancement d’Arès I. Les nuages s’amoncellent dans le ciel américain. Le nouveau président américain ne semble pas prêt à tous les sacrifices pour la conquête spatiale.

Dans ce domaine, au moins, Obama n’est pas Kennedy.
Par Sneg
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Dimanche 25 octobre 2009 7 25 /10 /Oct /2009 19:53
En passant, je vous signale un livre hilarant: les dessins humoristiques du New Yorker traduits en français.  

Jean-Louis Chiflet,
The New Yorker. L'humour des livres, Les Arènes, 2009, 24,80 euros

Vous m'en direz des nouvelles... 
Par Sneg
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Samedi 24 octobre 2009 6 24 /10 /Oct /2009 09:39

Cette semaine, je commence un « observatoire » du prix Nobel d’Obama, une sorte de baromètre visant à mesurer son implication pour la paix.

(1) Un mauvais point pour commencer : la Maison-Blanche vient de confirmer que le président américain ne rencontrerait pas le Dalai-Lama en visite aux Etats-Unis avant le voyage officiel d’Obama en Chine prévu début novembre. On comprend aisément qu’il s’agit de ne pas mettre en péril un voyage essentiel. Le partenariat avec la Chine –Nous sommes sur le même bateau avait dit Obama lors d’une précédente visite officielle à Pékin- est fondamental pour le maintien de la puissance économique américaine. En un mot, les Chinois doivent continuer à financer les déficits américains en continuant à souscrire aux bons du trésors américains et en conservant d’immenses réserves en dollars. J’explique simplement cette « interdépendance » dans mon dernier livre qui donne son nom à ce blog.

(2) Un bon point cependant vient contrebalancer ce mauvais point. Cette semaine, le Sénat vient de voter une loi souhaitée par Obama permettant le transfert des prisonniers de Guantanamo sur le sol américain pour qu’ils y soient juger. C’est le début de la fin, promise par la Maison-Blanche, de ce centre de détention hors du droit national et international (notamment la fin des tribunaux d’exception mis en place sous George W. Bush).

(3) Enfin, Hillary Clinton et Susan Rice (ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU) ont affirmé leur volonté d’augmenter les sanctions à l’encontre du régime soudanais au sujet, toujours et encore, du Darfour. Les Chinois s’y opposent (intérêt pétrolier oblige) et empêcheront toute nouvelle sanction coercitive en menaçant d’un veto au Conseil de sécurité…

On le voit, entre inaction pour sauvegarder les intérêts nationaux (1), action volontaire (2) et action entravée (3), il n’est pas facile d’être à la fois le président de la première puissance mondiale et prix Nobel de la Paix…

 

Les semaines suivantes, il devra prendre des décisions sur l’Afghanistan et peut-être sur l’Iran.

À suivre…

Par Sneg
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Lundi 19 octobre 2009 1 19 /10 /Oct /2009 10:10
Nous reviendrons bientôt sur ce blog sur les nouvelles relations transatlantiques, mais quelques réflexions rapides en attendant...
De Washington, Paris ne pèse plus grand chose. 
 
Le duel "Obama-Sarkozy" qu'espérait déceler la presse française n'a pas eu lieu à Pittsburgh, n'a pas lieu et n'aura pas lieu. 
Pour Obama, la France n'est qu'un partenaire parmi d'autres, dont le pouvoir de nuisance n'est rien au regard de l'importance majeure des relations à nouer avec les puissances de demain: Chine, Inde, Russie... 
Alors que notre président cherchait à tout prix à obtenir un tête-à-tête avec son homologue américain, celui-ci se détournait acceptant en revanche un sommet avec les Chinois.
C'est ainsi, notre monde et celui de l'Amérique ne sont plus les mêmes. Pour Obama, la France n'est qu'une partie de l'ensemble européen, ensemble incapable de rivaliser avec la puissance américaine ni même de l'affaiblir. Lors des célébrations du 60ème anniversaire du débarquement en Normandie, Nicolas Sarkozy exaltait l'amitié franco-américaine dès la première phrase de son discours. Barack Obama attendait la 4ème du sien pour évoquer non la France en tant que telle, mais la France dans l'ensemble européen. 
 
"L'ancien monde a déjà disparu, le nouveau monde n'est pas encore là" disait Antonio Gramsci dans les années 1920. Cet entre-deux un peu angoissant correspond, me semble-t-il, à la période actuelle. 
Nous, Européens, restons accrochés à ce monde disparu tandis que de l'autre côté de l'Atlantique on pense (dejà) au monde de demain.  
Par Sneg
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