Mardi 10 novembre 2009
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Terrorisme? Acte d'un déséquilibré?
Les questions hantent les Américains. Ils préféreraient et de loin la deuxième option. Certes, les nombreuses tueries choquent à chaque fois l'opinion publique et pose la question du port
d'arme. Mais, les problématiques liées au terrorisme sont bien plus complexes surtout si l'ennemi est de l'intérieur (Nidal Malik Hasan est un citoyen américain) et si en plus il est militaire (il
est/était major). Si vous ajoutez qu'il est psychiatre dans l'armée, vous comprenez aisément que la question est très complexe et en renvoie à d'autres.
L'armée américaine peut-elle par exemple compter des musulmans pratiquants lors même que les guerres qu'elle mène dans le monde ont été, c'est le moins que l'on puisse dire, mal perçues par le
monde musulman?
Mais surtout, ce que cette tuerie met en lumière c'est, selon moi, la grande misère psychique dans laquelle se trouve l'armée américaine, et donc, la nation américaine.
Les analyses le montrent sans aucun doute possible: les guerres menées en Irak et en Afghanistan sont les plus traumatisantes pour les Américains. Evidemment, le retour du Vietnam a été dramatique
pour nombreux vétérans, mais là, sur le terrain, les hommes et les femmes sont à la dérive. Les scènes de torture de la prison d'Abou Grahib sont le signe d'un rapport à l'autre qui dépasse et de
loin le simple cadre d'une guerre. Aujourd'hui, près de 34.000 Gi's souffrent de stress post-traumatique. Mais, le drame, c'est que l'armée américaine n'a pas pris la mesure de l'enjeu. Sous
l'Adminsitration Bush, les veterans ne pouvaient pas s'exprimer publiquement, seules quelques voix ont été entendues. La guerre contre le terrorisme était une guerre juste qui ne pouvait pas
laisser poindre le moindre doute, surtout dans les rangs de l'armée!! Le résultat est édifiant: l'armée américaine ne compte que 408 psychiatres pour 553 000 soldats en activités dans le monde.
Un ratio ridiculement faible qui a deux conséquences: la première, de ne pas permettre un suivi nécessaire (117 soldats se sont suicidés cette année sur des champs de bataille); la deuxième, les
psy vont de plus en mal! Ils constatent notamment que la multiplication des cas leur enlève progressivement l'empathie nécessaire pour les traitements sans compter la pression des chefs militaires
qui ont besoin des hommes sur le terrain et qui, du coup, pressent les psy de les remettre sur pieds rapidement...
L'armée américaine est malade. Et ses docteurs le sont de plus en plus... Un cercle vicieux.
Par Sneg
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